Le Programme pour une Europe numérique (DIGITAL), instrument clé de financement européen visant à accélérer la diffusion des technologies numériques auprès des entreprises, citoyens et administrations publiques, soutient des capacités stratégiques dans des domaines essentiels tels que le calcul haute performance, l’intelligence artificielle, la cybersécurité ou encore les compétences numériques avancées. Dans un contexte de concurrence accrue avec les États-Unis et la Chine, et afin de suivre le rythme des transformations technologiques et numériques, ce programme a été amendé le 19 mars 2026.
Parmi les priorités amendées ou renforcées, le développement d’un écosystème numérique souverain pour l’éducation figure en bonne place, avec le déploiement d’infrastructures et d’outils sécurisés dans les écoles (cloud, classes virtuelles, contenus numériques, systèmes de gestion de l’apprentissage), au service de meilleurs résultats éducatifs.
À travers la création d’une application européenne de sécurité en ligne, l’amendement entend également largement renforcer la protection des jeunes en ligne. Celle-ci permettra de signaler facilement les cas de cyberharcèlement et d’orienter les victimes vers les services compétents. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement du plan d’action européen contre le cyberharcèlement, tout comme le renforcement du réseau des Safer Internet Centres, également au programme, afin d’assurer une couverture complète dans l’ensemble des États membres. L’objectif est de garantir, dans chaque pays, un accès à des structures de référence capables de proposer des services de sensibilisation, d’assistance et de signalement, tout en renforçant la coordination européenne en matière de protection des mineurs en ligne.
L’amendement prévoit aussi d’accélérer le déploiement de l’intelligence artificielle, y compris générative, via le renforcement des capacités européennes de test et d’expérimentation, pour faciliter son passage du laboratoire au marché tout en garantissant des solutions fiables et adaptées aux besoins sectoriels.
Enfin, un nouveau volet vise à renforcer l’intégrité de l’espace informationnel européen, en lien avec le futur Bouclier démocratique européen. Il prévoit la mise en place d’un cadre de recherche commun pour analyser les phénomènes de désinformation, améliorer la détection des manipulations (notamment via l’IA) et soutenir les capacités des acteurs européens.
Ces évolutions s’inscrivent pleinement dans les priorités de la Région, fortement mobilisée sur les enjeux numériques et industriels. En cohérence avec les ambitions du Chips Act (2023), pour lequel des fonds DIGITAL ont été mobilisés pour remédier à une pénurie de semi-conducteurs, la Région SUD a notamment engagé une démarche d’adhésion à l’Alliance européenne des régions des semi-conducteurs (ESRA).

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