Un engagement constant de l’Union européenne en matière de défense : FED, EDIP, AGILE et SAFE

Un engagement constant de l’Union européenne en matière de défense : FED, EDIP, AGILE et SAFE

Depuis le retour de la guerre de haute intensité aux portes de l’Europe, l’Union européenne n’a cessé de renforcer et de structurer son arsenal de défense.

Ces derniers mois ont marqué une évolution significative de l’approche européenne : Bruxelles ne se limite plus au seul soutien à la recherche, mais intervient désormais sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’innovation à la production, en passant par le financement direct des capacités industrielles et opérationnelles.

 

Dans ce contexte, la Commission européenne a adopté, le 30 mars, le plan de travail 2026-2027 du programme pour l’industrie européenne de la défense (EDIP). Ce plan précise la répartition d’une enveloppe de 1,5 milliard d’euros et les activités éligibles. Environ 700 millions d’euros seront consacrés au renforcement industriel de l’Union et de certains partenaires, notamment la Norvège et l’Ukraine, avec pour objectif d’accroître la production de composants critiques tels que les systèmes anti‑drones, les missiles et les munitions. Près de 240 millions d’euros seront alloués à des projets d’achats conjoints impliquant au moins trois États membres, tandis qu’au moins 300 millions d’euros seront dédiés à des projets européens de défense d’intérêt commun, identifiés par la Commission puis validés par le Conseil. Enfin, 100 millions d’euros soutiendront les start‑ups et PME via le dispositif FAST, dédié à l’accélération de la transformation des chaînes d’approvisionnement de la défense. Une première série d’appels à propositions a déjà été publiée pour un programme appelé à s’achever fin 2027, avant une intégration du financement de l’industrie de défense dans le nouveau Fonds européen pour la compétitivité, pour la période 2028-2034.

Pour plus d’informations sur les appels à projet EDIP : EU Funding & Tenders Portal

 

Parallèlement, le Fonds européen de défense (FED) continue de financer des projets collaboratifs de recherche et de développement en matière de défense, portés par des consortiums européens. Les appels à projets actuellement ouverts ont une échéance fixée au 29 septembre 2026.

Pour plus d’informations sur les appels à projet FED : EU Funding & Tenders Portal

 

Par ailleurs le 25 mars, la Commission européenne a également présenté un nouveau dispositif pilote : le programme AGILE (Programme for Agile and Rapid Defence Innovation). Doté d’un budget de 115 millions d’euros pour 2027, AGILE vise à accélérer le développement, les tests et la mise sur le marché d’innovations de rupture dans les domaines liés la défense, tels que l’intelligence artificielle, les technologies quantiques ou les drones. Le programme cible prioritairement les PME, start‑ups et scale‑ups, véritables moteurs de transformation de la base industrielle et technologique de défense européenne, et ambitionne de soutenir 20 à 30 projets. AGILE se distingue également par des procédures plus rapides, avec un délai d’octroi ramené à quatre mois, afin de permettre un déploiement opérationnel des technologies dans un délai d'un à trois ans. La proposition de règlement de la Commission européenne va désormais être discutée au Conseil et au Parlement européen. La Commission espère qu’elle sera adoptée au plus vite afin de pouvoir publier les premiers appels à projets début 2027.

 

Ces dispositifs européens sont complétés par des mécanismes de soutien aux investissements nationaux. À ce titre, la validation par la Commission européenne, le 25 mars, du plan français dans le cadre de l’instrument SAFE illustre la volonté de lever les contraintes budgétaires pesant sur les États membres. Ce mécanisme prévoit l’octroi d’un prêt de 15,09 milliards d’euros à la France pour soutenir ses investissements dans les capacités de défense. Sur les dix‑neuf pays participants, seule la Hongrie reste à ce stade en attente de validation.

 

Enfin, les Régions jouent elles aussi un rôle actif dans cette dynamique européenne. La Région Sud, première région militaire française, se distingue par son engagement au sein du European Network of Defence‑related Regions (ENDR). Entendant promouvoir ses acteurs industriels et son fort potentiel d’innovation, le bureau de représentation de la Région à Bruxelles a participé, le 18 mars, à un événement majeur organisé par l’ENDR.