Ce rapport s’inscrit dans le cadre de la Politique commune de la pêche (PCP) et met en avant la nécessité de mieux gérer la consommation des ressources halieutiques, en conciliant durabilité des ressources, rentabilité économique du secteur et respect des différentes parties prenantes.
Le Parlement a fait ressortir une demande urgente pour la mise en place rapide d’un fonds d’urgence spécifique destiné à moderniser et renouveler la flotte de pêche. Ce fonds viserait à soutenir le remplacement des navires par des unités plus sobres, plus sûres et plus efficaces sur le plan énergétique, capables de recourir à des carburants alternatifs et à de nouveaux systèmes de propulsion, afin de répondre aux objectifs climatiques tout en préservant la viabilité économique des entreprises de pêche.
Les eurodéputés souhaitent que ce renouvellement s’appuie sur un financement combinant ressources publiques et privées, à la fois nationales et européennes. Ils critiquent le cadre actuel des règles financières et de la PCP, qu’ils jugent inefficaces et contre-productives pour l’investissement privé, notamment parce qu’il ne tient pas suffisamment compte des contraintes techniques liées au stockage et à l’utilisation de nouveaux carburants et systèmes énergétiques à bord, ce qui freine la décarbonation de la flotte européenne.
Dans ce contexte, les députés invitent la Commission à mieux cibler les engins de pêche soutenus par les financements européens, à moderniser les infrastructures portuaires et les navires, et à encourager l’innovation pour améliorer la sélectivité des engins, la sécurité des équipages, la qualité des captures et l’efficacité énergétique. Ils demandent également une révision à mi-parcours du Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (FEAMPA), ainsi que de certains textes ciblés de la PCP, afin de les adapter davantage aux besoins de transition énergétique et de modernisation d’une flotte dont l’âge moyen est élevé.
Plusieurs amendements ont toutefois été rejetés par les eurodéputés, en particulier ceux visant à modifier certains critères d’éligibilité au FEAMPA, tels que le seuil de 24 mètres de longueur ou la limite d’âge de 40 ans pour les navires, qui demeurent en vigueur à ce stade. Cela illustre les tensions persistantes entre, d’un côté, l’exigence de décarbonation et de renouvellement de la flotte, et, de l’autre, la volonté de maintenir des garde-fous en matière de capacité de pêche et de contrôle des aides.

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