Placée sous la responsabilité du commissaire Glenn Micallef, chargé de l’équité intergénérationnelle, de la jeunesse, de la culture, et du sport, cette initiative vise à intégrer une perspective de long terme dans la conception des politiques européennes, et à favoriser le dialogue entre citoyens de tous âges, afin d’éviter que les jeunes Européens n’aient à subir à l’avenir le prix de politiques inadaptées élaborées par leurs aînés.
Véritable contrat d’équité intergénérationnelle, cette stratégie a été élaborée en collaboration avec un panel de 150 citoyens issus des 27 pays de l’UE, sélectionnés au hasard. Réunis lors de trois week-ends de travail, ils ont contribué à la formulation de 24 recommandations à destination du commissaire Micallef.
Le document présenté par la Commission s'articule autour de trois dimensions :
- L'élaboration des politiques intégrant le long terme et la perspective des jeunes ;
- des opportunités équitables rassemblant les générations autour d'objectifs communs ;
- des territoires inclusifs, attentifs aux disparités entre zones rurales et urbaines.
Parmi les quinze initiatives finalement retenues par l’exécutif européen, Bruxelles prévoit notamment le développement d'un outil d'intelligence artificielle, le Futures Balance Tool, destiné à évaluer l'impact des nouvelles politiques sur la jeunesse dans des domaines aussi variés que l'environnement, l'emploi, la santé ou les retraites. Un indice d'équité intergénérationnelle sera également élaboré afin de mesurer, pays par pays, le degré de protection des intérêts des jeunes générations.
L'initiative « Voix de l'avenir » revêt quant à elle une importance particulière pour les collectivités territoriales : elle prévoit un engagement direct de la Commission avec les autorités locales et régionales autour des enjeux de jeunesse et d'équité territoriale. Cette initiative s'inscrit dans un objectif plus large de réduction des disparités territoriales : la stratégie reconnaît en effet que les jeunes qui grandissent dans des zones rurales ou des quartiers défavorisés font face à des obstacles spécifiques en matière d'accès aux services publics, aux transports et à la connectivité numérique. Les collectivités locales et régionales sont ainsi explicitement appelées à jouer un rôle central dans la mise en œuvre de cette ambition.
Par ailleurs, la Commission prévoit de renforcer les dialogues de la jeunesse, permettant aux jeunes Européens de contribuer directement à l'élaboration des politiques de l'UE, et organisera dans ce cadre la Semaine européenne de la jeunesse 2026 autour des thèmes de la solidarité et de l'équité.
Cette stratégie revêt toutefois un caractère non contraignant : elle encourage les États membres à intégrer une vision à long terme dans leurs processus décisionnels, sans imposer d'obligations juridiques. Un rapport d'avancement est attendu pour 2028.
S’inscrivant dans la droite lignée de la Déclaration des Nations Unies sur les générations futures, cette stratégie témoigne in fine d'une volonté européenne de placer la jeunesse au cœur de la gouvernance à long terme.

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