Au cours de cette même semaine, deux textes clés du portefeuille d’Henna VIRKKUNEN ont occupé une place centrale dans les débats :
1. Aboutissement des négociations sur le Pacte sur la migration et l’asile
Les négociations entre le Conseil de l’UE et le Parlement européen sur la refonte du règlement relatif au retour des migrants en situation irrégulière ont abouti, lundi 1er juin, à un accord politique provisoire. Pour sortir de l’impasse sur l’entrée en application du texte, les colégislateurs ont opté pour une mise en œuvre immédiate de certaines dispositions prioritaires, couplée au report des autres.
Le pacte, proposé par la Commission européenne en septembre 2020, constitue une réforme majeure du cadre européen visant à mieux gérer les flux migratoires, en combinant responsabilité et solidarité entre États membres. Articulé autour de neuf règlements et d’une directive, il a pour objectifs de renforcer le contrôle aux frontières extérieures, d’accélérer les procédures d’examen et d’améliorer les garanties offertes aux demandeurs de protection internationale.
La majorité des textes sont entrés en application le 12 juin 2026.
Dans ce contexte, le règlement « Retours », qui vise à améliorer l’efficacité des procédures de retour des ressortissants en situation irrégulière en accélérant les décisions et en renforçant la coopération entre États, suit un calendrier législatif distinct. Le 17 juin, le Parlement européen a approuvé l’accord provisoire sur la réforme du règlement Retours. Le texte doit encore recevoir l'approbation formelle du Conseil de l'UE pour entrer définitivement en vigueur.
Ensemble, ces dispositifs traduisent la volonté de l’Union européenne de se doter d’une politique migratoire plus cohérente, sécurisée et opérationnelle.
2. Présentation du paquet sur la souveraineté technologique
Le 3 juin 2026, la Commission européenne a présenté un paquet sur la souveraineté technologique visant à renforcer l’autonomie numérique et la résilience de l’Union face à ses dépendances extérieures, notamment dans les semi-conducteurs (puces), le cloud et l’intelligence artificielle.
Attendu depuis plusieurs mois, ce paquet s’articule autour de quatre volets principaux : proposition de règlement sur les semi-conducteurs 2.0 (« Chips Act 2.0), le Cloud and AI Development Act, une stratégie en faveur de l’open source et une feuille de route pour la numérisation du secteur énergétique.
Son objectif est double : réduire les dépendances structurelles et positionner l’Europe comme un acteur majeur des technologies critiques, tout en garantissant la sécurité des infrastructures et des données.
Le volet dédié aux semi-conducteurs vise à renforcer les capacités de production européennes et à sécuriser les chaînes d’approvisionnement face aux risques géopolitiques. Parallèlement, la proposition de règlement sur le développement de l’informatique en nuage et de l’IA (Cloud and AI Development Act) entend développer des infrastructures européennes et encadrer l’usage des données sensibles, dans un marché largement dominé par des acteurs extra-européens. La stratégie pour l’open source complète cet ensemble en réduisant la dépendance aux technologies extra-européennes, tandis que la numérisation du secteur énergétique doit permettre d’optimiser les réseaux et de réduire les coûts grâce à l’intelligence artificielle.
Au total, la Commission estime à environ 320 milliards d’euros les investissements nécessaires sur la prochaine décennie pour atteindre ces objectifs, soulignant ainsi l’ampleur du défi industriel et stratégique auquel l’Union européenne doit faire face.

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