La Commission européenne et le Parlement européen s’engagent dans la lutte contre le narcotrafic

La Commission européenne et le Parlement européen s’engagent dans la lutte contre le narcotrafic

La Commission européenne a présenté le 4 décembre 2025, la nouvelle Stratégie antidrogue de l’UE et son Plan d’action contre le trafic de drogues. De son côté, le Parlement européen a adopté, le mardi 20 janvier, une résolution commune portée par cinq groupes politiques (PPE, Renew Europe, S&D, Verts/ALE et La Gauche), appelant à une réponse européenne plus ferme face à l’essor du narcotrafic, à la suite de l’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille.

La Commission européenne a présenté le 4 décembre 2025, la nouvelle Stratégie antidrogue de l’UE et son Plan d’action contre le trafic de drogues. Ces initiatives visent à répondre aux défis sécuritaires, sanitaires, sociaux et environnementaux liés au trafic et à la consommation de drogues illicites.  En effet, l’Union européenne fait face à une intensification du trafic et de la consommation de stupéfiants. L’entrée massive de cocaïne et la prolifération des drogues synthétiques entraînent violence, corruption, et overdoses. Ces phénomènes pèsent sur les systèmes de santé et de sécurité publique, notamment chez les jeunes et les groupes vulnérables.

Fondée sur l’expérience 2021‑2025, la nouvelle stratégie repose sur une approche équilibrée entre santé publique, sécurité et cohésion sociale. Elle mobilise tous les niveaux de gouvernance (européen, national, régional et local) et associe institutions, agences spécialisées (EDA, Europol, Eurojust), société civile et secteur privé.

La nouvelle stratégie antidrogue repose sur 5 axes principaux :

  1. Renforcer la préparation et la réponse face aux menaces liées aux drogues (meilleure collecte de données, alertes rapides, rôle accru de l’Agence européenne des drogues (EDA)). Les États membres sont encouragés à développer leurs propres plans nationaux de préparation et de réponse comportant des actions d’anticipation et d’atténuation des menaces nouvelles et émergentes liées aux drogues.
  2. Protéger la santé publique via prévention, traitement et réinsertion, notamment dans le cadre de l’initiative Healthier Together. L’EDA lancera la plateforme d’e‑learning PLATO 2.0 pour former les acteurs de terrain sur la réinsertion et diffuser les bonnes pratiques.
  3. Renforcer la sécurité avec des règles plus strictes contre le crime organisé, une stratégie pour sécuriser les ports et renforcer la coopération transfrontalière et la coopération public-privé. L’UE s’engage à cibler les itinéraires maritimes (Europol, MAOC‑N), terrestres (douanes), aériens (surveillance de l’aviation générale accrue) ainsi que numériques pour perturber les réseaux criminels. La Commission et les États membres publieront des protocoles et formations spécialisés pour repérer et démanteler les laboratoires clandestins en toute sécurité, réduire les risques pour la santé et l’environnement et gérer les produits saisis.
  4. Prévenir les dommages liés aux drogues, notamment se focalisant sur la protection des jeunes contre le recrutement criminel et sur les impacts sociaux et environnementaux. Les États membres sont appelés à mettre en œuvre des stratégies novatrices face aux risques associés aux nouvelles drogues synthétiques et aux modes d’usage émergents.
  5. Renforcer les partenariats internationaux pour lutter contre les réseaux de trafic qui opèrent au-delà des frontières. L’UE encouragera la surveillance des tendances du marché de la drogue, la coopération judiciaire et policière et la gestion intégrée des frontières, dans le cadre du Pacte pour la Méditerranée (« Sécurité, préparation et gestion des migrations »). L’UE renforcera les alliances internationales contre la menace des drogues de synthèse, en collaborant avec les États‑Unis, le Mexique, la Chine et l’Inde pour démanteler la production illicite. Les efforts porteront sur l’interruption des routes du trafic, la sécurisation des grands ports logistiques et la lutte contre leur infiltration criminelle, notamment en Amérique latine, en Afrique de l’Ouest et dans les Balkans occidentaux. Les Comité des Régions et Comité Economique et Social européen joueront un rôle de suivi sur les évolutions liées à la drogue.

 

Le Plan d’action de l’UE contre le trafic de drogues complète la Stratégie antidrogue de l’UE, avec 19 actions opérationnelles clés réparties en six domaines prioritaires visant à :

  • Adapter la lutte aux nouvelles routes et méthodes des trafiquants (coopération avec Frontex, Europol, MAOC-N).
  • Réduire la violence liée aux drogues et prévenir la criminalité chez les jeunes.
  • Intensifier la coopération entre autorités (police, douanes, justice).
  • Relever le défi des drogues de synthèse et des précurseurs : l’Agence européenne des drogues apportera un soutien opérationnel aux États membres grâce à une nouvelle base de données européenne des substances, afin de mieux identifier les substances émergentes.
  • Promouvoir la recherche et l’innovation (lancement d’un Campus Sécurité et Innovation en 2026).
  • Renforcer la coopération internationale, afin de renforcer la résilience des ports face aux trafiquants et de perturber les routes du trafic de drogues.

 

De son côté, le Parlement européen a adopté, le mardi 20 janvier, une résolution commune portée par cinq groupes politiques (PPE, Renew Europe, S&D, Verts/ALE et La Gauche), appelant à une réponse européenne plus ferme face à l’essor du narcotrafic, à la suite de l’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille. Les eurodéputés proposent d’abord de faire de la lutte contre le narcotrafic un pilier de la stratégie européenne pour les ports, en renforçant les contrôles ainsi que la protection des dockers et des pêcheurs. Ils entendent également s’attaquer aux structures économiques et financières du narcotrafic, en favorisant la confiscation des avoirs criminels et leur réaffectation à des fins sociales, notamment au bénéfice des territoires et des associations en première ligne. Enfin, la résolution souligne l’importance de la protection des mineurs et de la prévention, et plaide pour une implication accrue des familles de victimes dans l’élaboration des politiques antidrogue.

Le texte a été adopté à une très large majorité.